Jean-François Lamour : « Roland-Garros ... est un patrimoine qu’il faut absolument préserver »

Double champion olympique de sabre (Los Angeles 1984 et Séoul 1988), ministre des Sports de 2002 à 2007, l’actuel député de Paris Jean-François Lamour touche juste quand il s’agit d’aborder le projet du Nouveau Roland-Garros.
En tant qu’ancien ministre des Sports, aviez-vous déjà abordé la question de la modernisation du stade ?
Cela faisait en effet partie des projets pour les Jeux de 2012 (finalement obtenus par Londres). À cette époque, il est vrai qu’on avait parlé de construire sur une parcelle du Bois de Boulogne avec une semi-couverture du périphérique et de l’A13. Sauf que le coût était faramineux, pas loin de 200 millions d’euros. Et je trouve que la formule qui a été finalement retenue répond à un double enjeu, à savoir le maintien indispensable de Roland-Garros à Paris et un coût raisonnable. C’est un bon compromis, qui prend aussi en compte la préservation de cet endroit exceptionnel que sont les serres d’Auteuil. Et je dis bien les serres d’Auteuil, pas l’espace technique. Cet équilibre enfin trouvé après un projet longuement mûri, je suis pour le moins désagréablement surpris de voir que ressort cette histoire d’extension à un endroit qui n’a plus vraiment d’intérêt. Cela pourrait augmenter les délais et alourdir la facture alors qu’il faut désormais rendre des arbitrages définitifs. L’extension de Roland-Garros est vitale pour que le tournoi puisse répondre à une concurrence extrêmement rude. Et qui plus est se profile l’opportunité d’une nouvelle candidature de Paris pour les Jeux, en 2024, dont on a vu qu’elle devait justement être une candidature raisonnable en termes de coûts. Si on commence à charger la barque, on va passer pour des amateurs et ça serait de très mauvais signaux envoyés au mouvement olympique.
 
Que représente pour vous Roland-Garros et en avez-vous des souvenirs précis ?
C’est un des plus beaux tournois au monde, notre fierté. J’ai d’ailleurs assisté aux finales – hommes ou femmes – les cinq années où j’ai été ministre, même si je dois dire qu’on y voyait déjà un peu trop souvent des Espagnols (sourire)… Roland-Garros quoi qu’il en soit est un patrimoine qu’il faut absolument préserver, un événement international incontournable.
 
Quelle place le tennis occupe-t-il chez l’ancien grand champion que vous êtes ?
N’ayant jamais été un adepte de la préparation physique durant ma carrière, je préférais à la place jouer au tennis. On était à l’air libre et de plus il existe des gestes similaires avec l’escrime : marques, retrait, fentes et cette dissociation entre l’appareil locomoteur et les bras. Pour moi c’était un excellent complément de mon entraînement spécifique sur la piste.
 
Avez-vous rencontré ou admiré des joueurs en particulier ?
Une joueuse : Amélie Mauresmo. Une fille qui ne lâche pas, au comportement exemplaire. Mes souvenirs d’elle remontent aux jeux Olympiques d’Athènes, en 2004, où elle avait obtenu l’argent. Je l’ai vue aussi gagner à Wimbledon, en 2006. Elle exprime selon moi toutes les composantes d’un joueur ou d’une joueuse de tennis : la puissance mais aussi la stratégie, la volonté, le combat. Et puis c’est une championne « vraie », sans faux-fuyants. Qu’elle occupe aujourd’hui le poste de capitaine de Fed Cup me paraît une juste continuité de son engagement pour le tennis français.
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